jeudi 3 septembre 2026

Quelques données sur l'espace et le temps

 

Comme beaucoup le savent, la vitesse de la lumière est de 300.000 km par seconde. Cela dit, le temps qu'il faut à la lumière du soleil (situé à environ 150 millions de km) pour arriver jusqu'à la terre, étant de 8 minutes 20 secondes, cela veut dire que quand nous le regardons, nous ne le voyons pas tel qu'il est à l'instant où nous l'observons, mais tel qu'il était il y a précisément 8 minutes 20 secondes.
Concernant l'étoile la plus proche (Proxima du Centaure), nous ne la voyons pas non plus telle qu'elle est au moment où nous la regardons, mais telle qu'elle était il y a 4 ans et 3 mois. Quant à la galaxie d'Andromède (qui est la galaxie spirale la plus proche de la nôtre et qui, dans certaines conditions, est perceptible à l’œil nu), on la voit telle qu'elle était il y a 2,5 millions d'années. 
Maintenant qu'en est-il de celle qui est la plus éloignée? Découverte en 2025 grâce au télescope spatial James Webb (de la NASA, de l'ESA et de la CSA), elle fut observée telle qu'elle était il y a 13,5 milliards d'années c'est à dire seulement 280 milliards d'années après le Big Bang!
 
Au regard de ces données prouvées par la science, comment ne pas éprouver un vertige incommensurable? Cependant, en quittant le domaine de celle-ci (qui ne s'intéresse qu'au "comment?", qu'à ce qui est mesurable, observable et jamais au "pourquoi?"), quels seraient les moyens de connaissance autres que celui qui réduit le réel au matériel, à nos sens et à nos dimensions ? Personnellement j'en vois 3 (qui, je l'admets, sont plus abstraits) : la philosophe et la métaphysique, la spiritualité et la mystique ainsi que l'intuition. Voilà sans doute qui ferra hausser les épaules de ceux qui partent du principe qu'il n'y a de connaissance que rationnelle.
Cependant, si tel est le cas, il faudrait que celui que celui qui croit cela, puisse prouver rationnellement qu'il n'y a de connaissance que rationnelle. Etant donné qu'aucun rationaliste ne le peut, cela relève inévitablement d'un postulat., d'un pas dans le vide forcément indémontrable.
En conclusion, je pense que se pose une question philosophique bien connue: pourquoi y a t-il quelque chose plutôt que rien? Notre univers (et l'existence de l'homme en particulier) a t-il un sens ou est-il, comme l'écrit Bertrand Russel "une machine sans âme qui suit une trajectoire aveugle dans l'infini de l'espace et du temps"? Nous voici donc face à un choix: croire au mystère ou croire en l'absurde. Mais si rien n'a de sens, si Russel a raison, la question de Camus "dois-je ou non me suicider?" se pose. Voilà où conduit l'absurde.
Tout change évidemment pour celui qui croit au mystère, au sens plutôt qu'au non-sens et qu'à la base de tout ce qui existe, il y a une Intelligence infiniment supérieure à nous qui est l'Auteur du Big Bang. Rien que du Big Bang? Pourquoi pas? Si on part du principe que dans cette "soupe originelle" née il y a 14 milliards d'années, il y avait déjà en germe les ingrédients nécessaires afin que puissent naître un jour la vie et la conscience, rien n'interdit de penser que, comme l'écrit Jean d'Ormesson, "ceux qui ne croient pas en Dieu font preuve d'un crédulité qui n'a rien à envier à celle qu'ils reprochent aux croyants"...