dimanche 11 octobre 2026

Pourquoi m'as-tu abandonné?

 

"Pourquoi m'as-tu abandonné?"... 
Très loin d'être une simple question, ces paroles du Christ en croix résonnent comme étant une affirmation. En effet, notre Seigneur ne dit pas: "m'aurais-tu abandonné?" mais "tu m'as abandonné. Pourquoi?"
Voilà qui signifie qu'en son Fils Jésus, Dieu a vécu son propre silence, qu'Il a lui-même expérimenté sa propre absence. Croire en un Dieu qui va aussi loin pour rejoindre les cris de désespoir de l'être humain en face des plus cruelles épreuves, n'est-il pas notre seul moyen de le pardonner et d'échapper aux griffes de l'athéisme? Dans aucune autre religion du monde, un Dieu qui nous comprend à ce point n'est présent. 
D'autre part, savoir en plus que par-delà l'absurde présent ici-bas, toutes les souffrances et les injustices (humaines et animales) seront pleinement réparées, transfigurées dans un éternel Royaume qui nous attend, n'est-il pas également une sérieuse raison qui peut nous aider à traverser la nuit, à nous donner la présence d'une lumière dans les ténèbres de l'existence?...

mercredi 30 septembre 2026

Expériences NDE: un signe saisissant de l'existence de l'âme

 

Depuis la sortie en 1975 du livre de Raymond Moody (médecin et philosophe américain), pratiquement tout le monde connait les expériences de mort imminentes, appelées EMI en français et NDE en anglais. Cela dit, rafraîchissons-nous la mémoire. A travers le monde, des dizaines de milliers de personnes ont vécu une décorporation qui leur a permis d'avoir une vision claire, nette et vérifiée par la suite de leur corps physique en train d'être opéré, ainsi qu'une audition claire, nette, elle aussi vérifiée par la suite, des propos tenus par les médecins autour d'eux.  Et ce n'est pas tout. Non seulement ils vivaient à l'extérieur de leur corps de chair, mais ils pouvaient (en passant à travers les murs) se déplacer (par exemple dans une salle d'attente où se trouvait leur famille qu'ils voyaient et entendaient comme cela a été vérifié après leur réveil).

Cela dit, quelles sont les différences entre un rêve et une NDE? En voici quelques unes... 1) Un rêve survient durant le sommeil, tandis qu'une NDE survient lors d'une détresse extrême (arrêt cardiaque, accident grave, coma...)  2) Au cours d'un rêve, la conscience est confuse, fluctuante et passive. Au cours d'une NDE, celle-ci est hyper-lucide, souvent décrite comme plus réelle que dans l'état de veille. 3) Concernant le rêve, la structure narrative est décousue, chaotique, changeante et difficile à mémoriser et cela contrairement à une NDE qui laisse un souvenir entièrement précis et ineffaçable des années plus tard. 4) le rêve a un effet évanescent qui s'estompe rapidement au réveil, tandis qu'une NDE provoque une transformation profonde et durable de la personnalité (telle que la perte de la peur de la mort ou l'empathie accrue).  

Autre question: dans quel état se trouve le corps physique d'une personne au moment d'une expérience NDE? 1) Arrêt circulatoire. Le coeur cesse de pomper le sang, le pouls disparaît et la tension artérielle chute à zéro. En l'absence de battements cardiaques, le cerveau ne reçoit plus d'oxygène ni de glucose, ce qui déclenche une perte de conscience après 10 ou 20 secondes. 2) Electroencéphalogramme plat. Cliniquement parlant, l'activité globale du cortex chute drastiquement après l'arrêt cardiaque. En résumé donc, un coeur arrêté et un cerveau cliniquement inactif caractérisent leur état.  Dans ces conditions, quelle explication donner à ces faits, surtout quand on sait qu'ils sont arrivés également à des aveugles de naissance? Oui, avec quels yeux peut-on voir ce que les yeux physiques ne permettent pas de voir?

Pour les partisans d'une conception uniquement matérialiste de l'être humain, un argument à la fois principal et solide domine tous les autres: le fait que les NDE soient partiellement reproductibles en laboratoire. Par exemple, en stimulant par des impulsions électriques certaines zones du cerveau, en provoquant un manque d'oxygène ou en administrant des substances chimiques (telles que des drogues) au cours des tests, on renforce l'idée que les neurotransmetteurs sont seuls responsables du sentiment de décorporation. Seulement voilà, ces expériences faites en laboratoire ne parviennent jamais à déclencher une NDE véritable, complète, structurée, cohérente, apte à changer la vie et à éprouver l'absence totale de la peur de la mort. Par ailleurs, celles-ci sont réalisées sur la base d'un cerveau sain et, contrairement aux NDE, absolument pas du tout sur la base d'un électroencéphalogramme plat et d'un coeur qui a arrêté de battre. Voilà qui rend particulièrement fragile l'hypothèse d'une explication purement matérielle de ces phénomènes.

Dès lors, voici un exemple. Si on détruit un des composants d'une télévision ou si on stimule un courant électrique précis, on modifie ou on supprime l'image mais on ne prouve évidemment en rien que c'est le téléviseur qui produit une émission. De la même manière, stimuler le cerveau par des moyens artificiels peut modifier nos perceptions mais ne prouve pas que celui-ci est l'usine qui fabrique la conscience. Autre exemple: Si notre ordinateur tombe définitivement en panne, cela ne signifie absolument pas qu'internet a cessé d'exister et par comparaison, il en est ainsi pour notre corps physique par rapport à notre âme.  

En conclusion: non, notre corps matériel n'est pas le tout de ce que nous sommes et notre cerveau n'est pas le créateur de la conscience mais il en est le récepteur. Les expériences NDE sont là pour le confirmer. Si l'âme peut, dans certaines circonstances, se détacher du corps physique et exister par elle-même, cela montre qu'à la mort, elle n'a pas besoin de celui-ci pour continuer à vivre; à vivre en dehors de cet espace-temps qui caractérise notre univers, pour entrer définitivement dans un Royaume divin qui sera notre véritable patrie et qui correspondra pleinement à ce dont nous aspirons.

vendredi 25 septembre 2026

Brève réflexion sur la science et Dieu

 Je crois pouvoir écrire que le fait que notre univers soit scientifiquement daté (13,8 milliards d'années) et que (comme le suggère la science moderne), tout ce qui compose celui-ci soit contingent, laisse clairement entendre qu'il ne possède pas sa réalité en lui-même et que sa cause est forcément extérieure à lui. Espérer trouver la trace d'un élément éternel dans un univers qui a fait naître l'espace-temps est une chose autant contradictoire que perdue d'avance. En fonction de cela, il va sans dire que si cette cause extérieure est également contingente, le même problème se pose quant à son origine et ainsi de suite vis-à-vis de ce qui précéderait... Autrement dit, sans une cause sans cause (forcément éternelle) capable de donner naissance à tout ce qui existe, rien n'existerait. Suite à cela, je pense que cette "cause sans cause" n'est pas "quelque chose" mais "Quelqu'un" qui, selon la Bible, a pour nom "Je suis celui qui suis".

dimanche 20 septembre 2026

Vous avez dit "objectivité?

On le sait, la méthode scientifique repose sur des axiomes (qui, par définition, sont indémontrables). Voilà qui ressemble étrangement à un acte de foi et qui semble bien manquer d'objectivité. Contrairement à ce postulat de départ, un esprit neutre ne dira pas "oui" ou "non" avant son examen et cela, parce qu'il sait que ce n'est qu'après celui-ci qu'il pourra éventuellement se prononcer. Un exemple me revient à l'esprit. Il y a quelques années, j'ai lu un livre qui avait pour but de montrer la fausseté des apparitions mariales. Seulement voilà, avant celui-ci, il en avait écrit un autre dans lequel il affirmait que le Christ n'a jamais existé.  Problème: s'il part du fait que Jésus-Christ n'a pas existé, comment une apparition de sa mère pourrait-elle avoir lieu? Il en résulte qu'à la base, tout est faussé et que sa conclusion était déjà présente avant sa recherche. Donc, aucune objectivité n'existe dans son cas. Dans le même sens, quand il examinait un miracle dans l'Evangile, Jean-Paul Sartre "savait" d'avance que le miracle est impossible et cela prouve le caractère on ne peut plus partial de son étude. 

Par ailleurs, Emmanuel Kant a soutenu que nous ne connaissons jamais le noumène (les objets tels qu'ils sont indépendamment de nous), mais uniquement le phénomène (c'est à dire ce qu'ils sont tels qu'ils nous apparaissent à travers nos filtres mentaux). Donc, prétendre que la science décrit la réalité telle qu'elle est, s'avère intellectuellement indigent, très peu crédible. Cela dit, fort heureusement, il existe d'autres moyens de connaissances. Parmi ceux-ci: la philosophie (dont fait partie la métaphysique), la logique, le degré de probabilités, la mystique ou encore l'intuition. 

A propos de l'intuition, permettez-moi de vous faire part d'un fait qui m'est arrivé. Il y a une vingtaine d'années, mon collègue de travail a fait une crise cardiaque. Transporté d'urgence (dans le coma) à l'hôpital universitaire de Leuven, son état était particulièrement alarmant. Durant les jours qui suivirent, j'avais de ses nouvelles grâce à sa femme à qui je téléphonais. Cependant, plus le temps passait, pire c'était et cela au point où son épouse a fini par me dire que les médecins de voyaient plus qu'une seule solution: tout débrancher et le laisser mourir. Ayant marqué son accord, elle a ajouté que ses funérailles sont prêtes et que sa tombe est déjà creusée. Très bouleversé par cette triste nouvelle, j'étais dans mon bureau où se trouvaient 3000 livres philosophiques et religieux. Moins d'une minute après, j'ai pris, je ne sais pas pourquoi, un tout petit livre (que j'avais complètement oublié et que je n'avais jamais lu). Il avait trait à une apparition de la Vierge à Turzovka (en Slovaquie) vue par garde-forestier. Sans l'avoir feuilleté, je suis immédiatement tombé sur un court passage ayant trait à une dame qui avait une amie (que j'appellerai Simone) qui était dans le coma. Pensant à elle, elle fit cette prière: "Au nom de Notre-Dame de Turzovka, réveille-toi Simone" Contre toute attente, le même jour son amie s'est réveillée et fut entièrement guérie. Juste après avoir lu cela, j'ai fait la même prière en utilisant le prénom (Corneille) de mon collègue. Deux heures après, sa femme me téléphone en me disant: "Jean-Pierre, tu ne me croiras pas, Corneille s'est réveillé et, non seulement c'est le cas, mais il parle, il mange et veut se lever". 6 jours plus tard, il est sorti de l'hôpital sans aucune séquelle et a vécu encore de nombreuses années en parfaite santé. Qu'en pensez-vous? Entre une simple coïncidence ou un heureux hasard et une intuition provoquée par le surnaturel, quel est le plus plausible?... 

jeudi 17 septembre 2026

Preuve de la vraie religion?

 

Dans ses pensées, Pascal écrit: "La preuve de la vraie religion, se sont les miracles". Oui, mais qu'est-ce qu'une "preuve"? Si par ce mot on entend qu'elle est une démonstration contraignante (scientifique ou autre) que personne au monde ne pourrait plus nier (et qui de ce fait, supprimerait notre liberté),  il n'y a de preuve au sujet de rien. En effet, ne connaissant pas ce qu'est le réel en soi mais seulement celui qui existe par rapport à nous à travers nos limites, il nous est impossible de nous voir de "l'extérieur". Tel est aussi le cas lorsque nous sommes en état de rêve. C'est seulement lorsque nous nous réveillons que nous pouvons voir de l'extérieur les personnages de nos rêves. En fonction de ces considérations, je pense pouvoir affirmer qu'une certitude absolue ne peut pas exister. Cela dit, si on considère qu'une "preuve" est un argument extrêmement solide, puissant et apte à convaincre donné par la raison, à travers la logique, les déductions et les probabilités, il est évident qu'il y en a.  

Cela dit, par rapport à toutes les autres religions, c'est presque exclusivement dans le catholicisme que l'on trouve le plus de signes crédibles d'une intervention divine. Quand je dis "crédibles", je constate que dans les religions non-chrétiennes, la validité d'un miracle est principalement basée sur l'accord avec leurs traditions, sur la confiance en un maître spirituel, sur le témoignage des fidèles, ainsi que sur les conversions qu'elle suscite, mais que le doute méthodique n'est pas intégré dans leurs procédures. Par contre, dans le catholicisme, non seulement ce doute est pratiqué par les enquêteurs, mais également la contre-expertise neutre et contradictoire (comme celle du bureau médical de Lourdes). Voilà qui contribue à montrer une très grande différence de procédure. D'autre part, je constate aussi que la religion catholique est la seule à avoir des sanctuaires importants suite à des apparitions. Parmi celles-ci, les apparitions de la Vierge (Lourdes, Guadalupe, Fatima) ou du Christ et de saints (comme à Paray-le-Monial, Vilnius, ou Sainte-Anne-d'Auray). Bien sûr, comme dans la Bible, dans des écrits comme le Coran, on trouve des récits de phénomènes surnaturels qui pourraient être appelés "miracles". Cependant, leur faiblesse est de ne comporter que des "preuves" intrinsèques, dans la mesure où celles-ci n'ont jamais été vérifiées par des analyses. "C'est vrai parce que la Bible ou le Coran le dit" ressemble à un "Je le crois, donc c'est vrai" et une telle formule semble on ne peut plus insuffisante. 

Etant donné cela, les preuves extrinsèques sont particulièrement importantes. Il faut donc se pencher sur des faits contrôlables par la raison et par nos outils actuels, (tels que les guérisons de Lourdes, le suaire de Turin, les miracles eucharistiques ou les apparitions de Beauraing que j'ai analysées dans un article précédent). Inutile de préciser que de tels faits renforcent inévitablement la crédibilité du christianisme. Par ailleurs, au sujet des apparitions, on pourrait étonnement découvrir une allusion à celles-ci dans le livre des Actes des apôtres. Au chapitre 2 (versets 17 à 19), il est notamment dit que "dans les derniers jours (une période qui s'étend de la naissance du Christ à celle de son retour glorieux), vos jeunes auront des visions et que Dieu fera paraître des prodiges dans le ciel et des miracles sur la terre". "Vos jeunes auront des visions". N'est-ce pas le cas de ces 5 jeunes voyants qui, à 33 reprises, ont vu la Vierge à Beauraing?  Oui, comme l'a dit Pascal, "La preuve de la vraie religion ce sont les miracles: des miracles palpables abondamment présents dans le catholicisme, qui laissent entendre que Dieu veut nous faire comprendre qu'il a choisi cette religion pour le salut éternel des âmes.
 
En conclusion: à force de vouloir se passer de Dieu, on finit par devoir accepter des explications plus invraisemblables que celle de Son existence.

lundi 14 septembre 2026

Sens ou non-sens de la vie

 Certains pensent que notre univers n'a aucun sens, qu'il est né du hasard sans porter à sa source la moindre trace d'une téléonomie. Tel est le cas du philosophe et mathématicien Bertrand Russel qui écrivait:  "L'univers est une machine sans âme qui suit une trajectoire aveugle dans l'infini de l'espace et du temps". Albert Camus le pensait aussi et c'est pourquoi il se demandait s'il devait ou non se suicider. En effet, si notre existence  est née d'un simple hasard, sans projet, sans but, sans ligne directrice et sans destinée,  le simple fait de vouloir continuer à vivre ne cautionne t-il pas l'absurde? 


Seulement voilà, comment un univers qui n'a pas de sens peut-il, à travers l'être humain, en arriver à se poser la question de son sens? N'y a t'il pas dans ce cas une fameuse collision, une véritable contradiction? comprenant ce paradoxe, Blaise Pascal écrivait:  "Alors même que l'univers entier m'écraserait, je serais encore plus grand que lui, car lui n'en saurait rien, tandis que moi, je le saurais".  

Par ailleurs, une petite phrase dans la Bible nous dit: "Dieu a mis en nous la pensée de l'éternité". Voilà bien qui pourrait suggérer que nos aspirations les plus profondes (soif d'absolu, désir d'un bonheur, ou d'un amour toujours plus grand...) correspondent non pas à un vide mais à un plein. Exemple: le fait que nous avons des poumons ne laisse t-il pas clairement entendre qu'il y a un air à respirer? Allant dans ce sens, saint Thomas d'Aquin a écrit: "Dieu est la totalité vivante de ce vers quoi notre coeur s'élance"; une pensée que Lamartine rejoindra en nous disant: "L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux" Autrement dit, notre refus des souffrances, des injustices et des deuils que nous connaissons, ne révèle-t-il pas que nous sommes porteurs d'une nostalgie d'un "paradis perdu" que nous sommes destinés à retrouver un jour au-delà de cette vie? Qu'en pensez-vous?...

samedi 12 septembre 2026

Le linceul de Turin: l'oeuvre d'un faussaire?

 


Lorsque qu'on regarde le linceul (ou suaire) de Turin à l'oeil nu (lors de ses rares expositions), on voit qu'il est marqué par de grandes brûlures symétriques, des taches d'eau et de sang, ainsi que d'une légère coloration jaunâtre qui fait penser à une silhouette humaine comprenant une sorte de "visage" qui est très difficile à discerner. De plus, cette image n'est visible qu'à plusieurs mètres d'elle et cela suppose que, s'il s'agit d'une peinture, un faussaire aurait dû utiliser un pinceau de plusieurs mètres de long. Ce n'est qu'à partir de l'invention de l'appareil photographique (qui, au départ d'un négatif, donne une image en positif) qu'on a pu voir clairement qu'il s'agit du portrait d'un crucifié qui rappelle le corps du Christ tel qu'il est décrit dans les évangiles. Par quel prodige et dans quel intérêt, un faussaire aurait-il pu réaliser ce qui (avant que n'existent les photos) était loin d'être une oeuvre d'art, tout en ne sachant absolument pas qu'elle ne livrerait ses secrets que des siècles plus tard?  

Seulement voilà, depuis 1978, il est scientifiquement prouvé techniquement et chimiquement que cette image n'est PAS une peinture. Pour quelles raisons les scientifiques l'affirment-ils? Afin d'être bref, permettez-moi de n'en prendre que trois. 1) Parce qu'elle ne contient aucun pigment ni de liant. Les examens au microscope, en fluorescence ultraviolette et en spectométrie ont montré que si un liquide ou un liant avait été appliqué, il aurait pénétré par capillarité à l'intérieur des fibres. 2) Parce que l'empreinte présente les caractéristiques d'un négatif photographique naturel (les zones claires et sombres sont inversées par rapport à la réalité). Même le plus doué des artistes médiévaux aurait été dans l'incapacité de peindre une image en négatif, tout en respectant une superficialité des fibres, une absence totale de liant, une tridimensionnalité cachée (l'intensité de la coloration varie en fonction de la distance entre le corps et le tissu) et une absence totale de traces de pinceau. 3) Parce que les taches de sang sont celles d'un sang humain appartenant au groupe AB, prouvant ainsi que ces taches n'ont absolument pas été peintes. 

Dès lors, puisqu'il ne s'agit pas d'une peinture, on pourrait imaginer qu'un faussaire a utilisé un cadavre ou un bas-relief sculpté. Mais s'il en est ainsi,, comment se fait-il que des indices grossiers (bavures, écrasements, déformations) qui devaient être présents, ne le soient pas sur le linceul (qui possède des propriétés tridimensionnelles)?  D'autre part, voici un "détail" important. Jusqu'à notre époque, absolument toutes les représentations de la crucifixion du Christ (basées sur ce que disent les évangiles) utilisaient uniquement les mains et non pas les poignets pour désigner l'emplacement des clous. Or, sur l'image du suaire, ce sont bel et bien les poignets qui marquent la présence des clous. Scientifiquement parlant, il est prouvé que seul les poignets (et non les mains) peuvent supporter le poids d'un corps. Contradiction avec les récits évangéliques? Pas si vite! A l'époque où ceux-ci ont été rédigés, seul le mot grec "cheir" existait et ce mot pouvait aussi bien signifier les mains que les poignets et même l'avant bras. Pas d'opposition donc. Précision notable: c'est la recherche historique, anatomique, archéologique et médico-légale qui a démontré seulement au 20è siècle que pour supporter le poids d'un corps sur une croix, il faut enfoncer les clous à travers les os du poignets et non pas dans les tissus fragiles de la paume. Inutile donc de préciser qu'un faussaire du Moyen Age était dans l'incapacité totale de le savoir?

Jusqu'à présent, nous avons supposé que la datation au carbone 14 réalisée en 1988 montrerait que le tissu date de l'époque médiévale (entre 1260 et 1390). Est-ce vraiment le cas? Deux principaux éléments semblent bien indiquer que non. 1) La découverte de pollens provenant de plantes endémiques du Moyen Orient (notamment de la région de Jérusalem, de la vallée du Jourdain et des zones autour de la Mère Morte). 2) La datation  aux rayons X. Les analyses scientifiques (notamment celle du Conseil International Italien) ont montré un état de vieillissement tout à fait compatible avec une fabrication du tissu il y a environ 2000 ans. Alors que la datation au carbone 14 (développée à la fin des années 1940 et qui peut -être faussée par des siècles de pollutions organiques, des incendies ou des restaurations), celle aux rayons X fut développée à la fin 2010 et est particulièrement destinée à identifier des textiles composé et lin (tels que celui du linceul). De plus, si ce suaire est du 14è siècle, comment expliquer l'existence des évocations historiques le concernant bien avant cette époque? Exemples parmi d'autres: le Mandylion d'Edesse (6è siècle), le Codex de Pray (1195) et les textes liturgiques et récits de pèlerins (datant du 7è au 10è siècle).   

Après ces considérations, il reste une question fondamentale qui est: "Comment et par quel phénomène l'image s'est-elle imprimée sur le linceul?". Pour tenter d'y répondre, permettez-moi d'abord de vous faire part d'un souvenir personnel. Il y a de nombreuses années, j'ai eu l'occasion d'interviewer longuement André Frossard, Qui est-il? Décédé aujourd'hui, il fut  écrivain et membre de l'Académie française. Jusqu'à l'âge de vingt ans, il était (comme ses parents) athée et communiste et n'entrait jamais dans une église...jusqu'au jour où il le fit le 8 juillet 1935. Pourquoi? Simplement pour aller chercher un ami qui y était et qu'il attendait vainement et impatiemment dans sa voiture. Entré, soudainement il fut submergé par une expérience divine qu'il décrit sous la forme d'une clarté intellectuelle et spirituelle qu'il qualifie de lumière qui, sans discours ni images, était une inondation lumineuse de la Vérité qui s'est imposée à son esprit. De plus, en ne connaissant strictement rien du catholicisme jusqu'alors, il est ressorti ce cette église en connaissant tout ce qu'elle enseigne. Irruption d'un monde immatériel dans un monde matériel, de l'éternité dans le temps (comme le sont aussi les apparitions mariales les plus crédibles comme celles de Beauraing), cette conversion fulgurante n'est pas sans rappeler celle de saint Paul qui, le chemin de Damas, a vu et entendu le Christ. Me parlant de ce qu'il a vécu, André Frossard m'a aussi affirmé que dans les semaines qui ont suivi son expérience du divin, il n'osait plus s'appuyer contre les murs car tout ce qui compose notre monde matériel n'était plus pour lui que de la vapeur colorée par rapport à ce monde substantiel (beaucoup plus consistant et plus solide que le nôtre) auquel il avait gouté. 

Au regard de cela, plutôt que de fournir une explication matérielle qui est loin d'être prouvée, ne pourrait-on pas dire que l'image qu'on trouve sur le linceul serait due elle aussi à l'immatériel et que le corps du Christ en se dématérialisant, en traversant la matière afin de devenir un corps substantiel et glorieux à l'instant même de sa résurrection, aurait libéré sorte d'énergie lumineuse qui expliquerait l'impression de son image sur le suaire?...