mercredi 6 juillet 2022

388 lettres publiées dans le "Courrier des lecteurs"

Il est temps de faire un petit bilan...Sur une période de 40 ans, qui va de juin 1982 à juin 2022, 388 lettres que j'ai envoyées au "Courrier des lecteurs" ont été publiées dans la presse. Parmi celles-ci, journaux ou hebdomadaires m'ayant édité au minimum 5 fois: La libre Belgique (59), Le Soir (22), Le Vif/l'express (9), L'avenir (43), Père Ubu (7), Le Soirmag (22) La dernière heure (140), Le figaro (7), Valeurs actuelles (7), Le figaro magazine (5), La Une (5), La croix (9) Première publication: 24 juin 1982 (dans La libre Belgique). Dernière publication: 30 juin 2022 (dans Valeurs actuelles). Années sans envoi à la presse: 1985, 2007, 2008, 2012, 2015. Année comprenant le plus de lettres éditées: 2019 (76). Principaux sujets abordés: religion, société, environnement, politique, culture.

mercredi 22 juin 2022

Où va le Pape François?

En rupture avec ses deux prédécesseurs, les incessantes attaques du pape à l'encontre des catholiques soucieux de respecter la Tradition et le catéchisme de leur Eglise, deviennent de plus en plus insupportables. Depuis qu'il a signé en 2019 la Déclaration d'Abou Dhabi stipulant que "Dieu a VOULU la diversité des religions" et cela au mépris de Celui qui a dit "Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne va au Père que par moi" (Jean 14, 6), et depuis qu'il a déchiré en 2021 le Motus proprio de Benoît XVI (qui octroyait aux prêtres qui le souhaitent le droit de célébrer la Messe selon le rite tridentin), il semble ne plus savoir où donner de la tête pour humilier les clercs et les laïcs issus de la Génération Jean-Paul II. Récent exemple en date: l'interdiction faite à Mgr Rey d'ordonner comme prévu 10 séminaristes, suite à la tournée d'inspection qu'il a diligenté dans le diocèse florissant de cet évêque jalousé par beaucoup de ses confrères qui, plus préoccupés par le réchauffement climatique que par le refroidissement de la foi, se contentent de gérer la faillite de leur diocèse. Evidemment, ce n'est pas chez eux que les autorités vaticanes débarqueront pour demander des comptes. Comme les évêques allemands qui, proches des lobbys LGBT, s'opposent ouvertement aux enseignements de l'Eglise, ils peuvent dormir tranquilles. Toujours dans le domaine de la guerre à tout ce qui ne ressemble pas à la confusion doctrinale, aux bricolages liturgiques, à une morale élastique et à une idéologie relativiste, voici que depuis le 16 juin (2022), il est désormais interdit aux évêques d'ériger un institut de vie consacrée, ainsi qu'une société de vie apostolique de droit diocésain sans accord préalable de Rome. Synodalité à géométrie variable?... Finalement, où va ce pape qui, selon le mot du philosophe Alain Finkielkraut (Le Figaro magazine) a "réduit 2000 ans de christianisme à un insipide message philanthropique"? Où va cet étrange apôtre qui préfère accueillir la déesse Pachamama dans les jardins du Vatican plutôt que de s'agenouiller devant son Seigneur présent dans le Saint Sacrement? Où va cet évêque romain qui n'hésite pas à,virer, à remplacer par leur contraire ou à chercher noise aux Monseigneurs Rey, Sarah, Brouwet, Léonard, Mûller, Burke, Cattenoz, Pell, Brandmüller, Aillet, Canizares, Caffara ou Zen (qui a vu en 2018 le Vatican vendre son Eglise au régime communiste chinois), tandis qu'il bénit chaleureusement les mitrés au profil inquiétant au regard de l'intégrité de la foi, du style Marx, Kasper, Maradiaga, Cupich, Tagle, Bätzing, Zuppi, ou encore Paglia (représenté à moitié nu sur une fresque d'une basilique romaine)? Où va ce pontife argentin qui fut élu en partie par l'influence d'une certaine "mafia Saint Gall" (terme utilisé par le cardinal Danneels qui en faisait partie, pour désigner ce groupe secret de cardinaux qui avait pour but de nuire à Jean-Paul II, d'empêcher l'élection de Benoît XVI et de propulser François sur le siège de Pierre)? Où va ce pape qui affirme qu'il "restera sans doute perçu dans l'histoire comme celui qui a divisé l'Eglise", en allant jusqu'à s'irriter dès qu'il voit de la dentelle sur les vêtements liturgiques, tout en laissant sans broncher des épiscopes ultra-progressistes exprimer des idées que sa position l'empêche de dire? Où va ce mystérieux argentin qui se qualifie "un peu fourbe", en distribuant à la pelle des barettes rouges en vue du prochain conclave afin que soit élu un pape qui, comme lui, parlera le langage du monde et rendra impossible tout retour à la foi de toujours? Où va celui qui coupe les bons fruits tout en ne touchant pas à ceux qui sont rongés par les vers?... Dans son livre "Le parti de Dieu", l'académicien André Frossard pointe du doigt les théologiens qu'il appelle les "serpents d'Eglise", autrement dit: ceux qui vident les dogmes de leur substance pour n'en conserver que l'enveloppe. Le sinistre spectacle dans lequel règne la confusion, la liquéfaction de la foi et le syncrétisme au profit d'un nouvel ordre religieux mondial ne rejoint-il pas la prédiction de saint Paul qui écrit: "Il arrivera un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine"? (2 Tim 4, 3). A l'heure où d'humbles croyants se voient obligés de supplier le pape d'être fidèle à la Tradition de son Eglise, à l'heure où le salut éternel des âmes (si cher au Christ et aux apôtres) n'a plus droit de cité, à l'heure où les discours des ONG deviennent le nouveau Credo, à l'heure où le culte de l'homme remplace celui dû à Dieu, à l'heure où les prêtres ou les évêques classiques, les nouvelles communautés religieuses et les laîcs soutenus hier par Jean-Paul II et Benoît XVI n'ont plus que leurs deux yeux pour pleurer, comment ne pas penser aux paroles du Ressuscité qui se demande s'il trouvera encore la foi sur la terre quand il reviendra? (Luc 18, 8)

jeudi 19 mai 2022

LA FOI CONTRE LA RAISON?

Prouver Dieu? D'abord, une précision: si on définit le mot "preuve" comme étant une démonstration contraignante, tellement évidente que personne ne pourrait plus la nier, il est évident qu'il n'y en a aucune. Si par contre, ce terme désigne un argument solide, difficile à contrer, il n'en va bien sûr pas de même. Cela dit, à l'égard de l'existence ou de la non-existence de Dieu, il y a incontestablement un pas dans le vide au-delà du rationnnel, Impossible d'échapper, en tout dernier lieu, à un pari; à un acte de foi qui, loin de n'être que religieux, nous concerne aussi dans nos gestes les plus quotidiens. Qui, en prenant sa voiture a la certitude absolue qu'il n'aura pas d'accident? Qui, dans un magasin, peut affirmer à 100% qu'il ne sera pas victime d'un assasinat? Certes, dans ces deux cas, les probabiltés que ce genre de drame se produise sont extrêmement faibles. Faibles, mais pas inexistantes. "Acte de foi", disais-je. Sur ce point et plus précisément à l'égard de Dieu, il m'arrive souvent de penser que, si je suis croyant, je le dois en partie au fait que je n'ai pas assez de foi pour être athée. Souscrire au mot d'un Bertrand Russel qui voit l'univers comme étant une "machine sans âme qui suit une trajectoire aveugle dans l'infini de l'espace et du temps", très peu pour moi! Le hasard régnant en maître absolu pour justifier l'évolution, voilà qui n'est pas prêt de me convaincre. Entre une amibe et Einstein, quel contraste! Considérant le fait que toute existence provient d'une autre existence, ma logique m'entraine à penser qu'à la base de tout, il n'y a pas un éternel néant par lequel rien ne peut naître, ni une intemporelle réalité sans vie, sans intelligence et sans conscience d'elle-même, mais un Etre sans commencement ni fin, qui peut seul, donner de l'être, de la vie, de l'intelligence et de cette conscience d'exister qui est le propre de l'homme. "Alors même que l'univers entier m'écraserait, écrivait Pascal, je serais encore plus grand que lui car lui n'en saurait rien, tandis que moi, je le saurais" Pour prendre un exemple simple: autant je peux admettre qu'un menuisier a fabriqué un meuble, autant il m'est impossible de croire qu'un meuble a fabriqué un menuisier. "Un mécanicien qui a pour origine un moteur", n'est-ce pas, quelque part, ce que sont amenés à admettre ceux qui partent d'un grand moins pour expliquer un grand plus; d'une chose pour expliquer un être? Dès lors, quid de l'athéisme? Dans son livre intitulé "Traité d'athéologie", Michel Onfray écrit: "L'athéisme repose sur l'indémontrabilité de l'existence de Dieu". Fort bien mais, dans ce cas-là, autant dire aussi que "Le théisme repose sur l'indémontrabilité de l'inexistence de Dieu". En somme, qui doit fournir des arguments pour étayer ses idées? "Vous qui soutenez qu'Il existe, me dira un athée. Si quelqu'un prétend qu'il a vu dans le ciel un éléphant rose, est-ce à moi de lui démontrer qu'il n'a rien vu"? Bien sûr que non, lui répondrai-je. Par contre, si, contrairement à un mot de Voltaire, vous pensez que mon horloge n'a pas d'horloger, est-ce à moi de vous "prouver" qu'elle en a un? Bon, je crois qu'on tourne en rond... Heureusement, un mot me revient à l'esprit. Son auteur? Lamartine. "L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux", écrit-il. Qu'est-ce à dire? Principalement ceci: si, comme nous avons des poumons parce qu'il y a un air à respirer, nos aspirations les plus profondes (telle celle d'un bonheur qui ne finirait jamais), ne sont-elles pas révélatrices de ce à quoi nous sommes "programmés"? Et si au fin fond de notre être, existait une sorte de nostalgie d'un paradis perdu? Voilà évidemment qui suppose la réalité de la vie éternelle. Sur ce point, trois possibilités purement rationnelles: après la mort physique, soit il n'y a rien, soit c'est pire qu'ici-bas, soit c'est mieux. Rien, pire ou mieux, quelle sera notre destinée et quelle sera celle de tous ceux que nous aimons? Certains signes comme les expériences NDE, les apparitions mariales ou les énigmes scientifiques telles que le Saint Suaire ou les miracles, ont tendance à nous montrer qu'il y a un autre monde au-delà de nos dimensions et de nos sens; que le réel n'est pas réductible à ce que nous percevons de lui et que, finalement, comme le laissait entendre saint Jérôme, notre vie présente pourrait ressembler à un rêve dont la mort nous réveillerait. Quoiqu'il en soit, si, comme je le pense, la vie ne s'arrête pas à la tombe, là-haut, un peu taquin, je ne manquerai pas de dire à ceux qui m'auront affirmé qu'il n'y a rien, qu'ils se sont lourdement trompés. Par contre, si comme ils le pensent, après c'est le néant, jamais, ils n'auront l'occasion de ricaner en me faisant comprendre que je me suis planté!

mercredi 11 mai 2022

Avortement: stop ou encore?

Le droit à l'avortement ne figurant pas dans la Constitution des USA, la Cour suprême vient de rédiger un avant projet de loi afin de permettre aux différents Etats d'avoir la liberté de légiférer en la matière. Immédiatement, scandale! "C'est mon corps et j'en fais ce que je veux", clament en choeur celles qui confondent la suppression d'un kyste avec ce qu'elles appellent l'IVG. "C'est mon corps et rien d'autre". Donc, logiquement, jusqu'avant la naissance; tant que l'accouchement n'a pas eu lieu, il n'y a pas de raison pour lesquelles elles ne pourraient pas avorter. Dès lors, la question est de savoir à partir de quand peut-on parler d'un être humain en devenir? Dès la conception? Dès la quatrième semaine, c'est à dire lorsque que le coeur commence à battre? Dès la sixième semaine, qui voit le cerveau fonctionner? Dès la huitième semaine, moment où l'embryon devient un foetus? Dès le sixième mois, comme le veut la législation au Royaume-Uni? Ceux qui refusent d'admettre qu'il y a vie dès la fécondation, sont-ils à même de nous démontrer à partir de quel mois, de quelle semaine, de quel jour et, pourquoi pas, de quelle minute, ils ont commencé à exister? Une chose est sûre: si le droit à l'avortement avait été voté par nos ancêtres, pas mal de celles qui revendiquent ce droit aujourd'hui, ne seraient pas nées pour le réclamer. A présent première cause de mortalité dans le monde, la peine de mort des innocents non encore nés devient tellement banalisée qu'on en vient finalement à se demander si les moeurs doivent se convertir à la morale ou si c'est la morale qui doit se convertir aux moeurs. Si on part du principe que la deuxième proposition est la bonne, pourquoi ne pas l'appliquer aussi dans d'autres domaines? Exemple: si demain les citoyens se mettent majoritairement à consommer des drogues dures, verra t-on nos Etats donner la priorité à leurs moeurs plutôt qu'à la morale? A force de rabaisser sans cesse l'idéal et à force de confondre le respect dû à chacun avec le respect des idées les plus folles, quelle société laisserons-nous à nos enfants?

samedi 23 avril 2022

Vous avez dit démocratie?

A la veille du deuxième tour des élections présidentielles en France, dans "Le figaro" du 21 avril 2022, le philosophe Luc Ferry écrit: "Faute d'une politique courageuse, la France, déchirée comme jamais, est dans un état lamentable en raison de l'inexorable montée de l'islamisme et de l'insécurité, mais aussi de sa dette et du déficit de sa balance commerciale. Dans ces conditions, ce pays sera ingouvernable" et, concernant la candidate du Rassemblement national il ajoute: "Je n'ai jamais pensé que Marine Le Pen était antisémite ou fasciste. Son refus d'un référendum sur la peine de mort et son soutien de toujours à la loi Veil suffiraient à le prouver" Rien que ces quelques mots (que partage aussi l'écrivain Michel Onfray) feront imanquablement hurler les censeurs de tous poils qui ne manqueront pas de parler "d'extrème-droite". Rien de tel que cette expression galavaudée, employée à tort et à travers pour diaboliser et museler ceux que l'on veut conduire à l'échaffaud. Reste à savoir où commence "l'extrème-droite". Finalement quoi? Le fait de vouloir protéger les enfants à naître plutôt que les tuer, d'appeler "mariage" l'union entre un homme et une femme, de choisir de préserver les racines chrétiennes de l'Europe à la place de les détruire, de reconnaître qu'il y a un réel problème quant à l'insécurité et à une immigration qui finit par devenir une invasion, d'avoir un avis différent de celui des médias subsidiés au sujet du climat ou des vaccins contre le covvid, suffit-il à être traîté comme un paria? Dans nos pays inféodés à la Pensée unique, plus question d'avoir la liberté d'exprimer des idées qui ne correspondent pas à celles qu'on veut avec acharenement nous imposer. A coups de censure et de cordons sanitaires, de manipulations de l'opinion par des journalistes qui remplacent l'objectivité par la propagande, la neutralité par de la politique à l'écran, je me demande dans quelle mesure nous ne sommes pas en train de nous diriger vers un régime de type chinois. Cela dit, il est une nouvelle qui ne peut que réjouir tous ceux qui se voient esseulés, brimés autant que détestés par une caste toute- puissante qui vise à les anéantir. Quelle nouvelle? Tout simplement les dernières élections en Hongrie. Dans ce pays où, contrairement au nôtre, le référendum n'est pas un vain mot, les citoyens ont tranché. Pour la quatrième fois consécutive, malgré une coalition regroupant six partis contre lui, Viktor Orban a triomphalement gagné. A moins de considérer les hongrois comme des masochistes ou des idiots, qui serions-nous pour les juger? Sachant qu'avant l'arrivée de Monsieur Orban en 2010, leur Etat était au bord de la banqueroute, comment ne pas comprendre ce peuple qui a préféré vivre avec lui que sans lui? Avec un taux de chômage réduit à moins de 4%, une hausse de 20% du salaire minimun, un treizième mois pour les retraités, plus de 620.000 réfugiés ukrainiens accueillis, une croissance qui atteint 7%, une aide financière pour les familles désireuses d'avoir un enfant, une politique et une éthique (qui, au contraire de chez nous) respecte les valeurs traditionelles basées sur le christianisme plutôt que se prosterner face au lobby LGBT, une diminution de l'insécurité, des divorces et des avortements et une augmentation des mariages et des baptèmes, je ne peux que me dire que nous n'avons guère de leçons à leur donner. Bien sûr, outre nos médias et nos politiciens, voilà qui ne convient pas non plus à l'Union européenne. Encore faudrait-il que celle-ci soit fidèle à l'esprit de ses pères fondateurs qu'elle ne cesse de trahir. Qui oserait penser par exemple qu'un Robert Schuman (qui fut un chrétien fervent) se sentirait plus proche d'un Macron libertaire que d'un Orban soucieux de préserver les valeurs du christianisme? Je termine. A l'heure où j'écris ces lignes j'apprends avec stupeur qu'en Belgique francophone, le président du parti libéral (MR) vient d'être vilipendé par tous les représentants des autres partis, simplement parce qu'il a débattu à la télévision flamande avec le président du Vlaams Belang (présenté comme étant un parti d'extrème-droite). J'avoue que j'ai dû me pincer pour savoir que j'étais bien en Belgique et non en Chine ou à Cuba. Bref, c'est un peu comme si, en France, E Macron était victime d'une fronde autant dictatoriale que stupide parce qu'il a débattu avec M Le Pen lors de la présidentielle. Dès lors, je finis par me demander s'il existe ailleurs en Europe une région autre que la Wallonie où la liberté d'expressiopn est à ce point bafouée et où, cordon sanitaire oblige, le droit de s'exprimer n'existe que pour les uns (dont font partie les plus extrêmistes de gauche) et jamais pour les autres. Franchement, vous avez dit "démocratie"?...

vendredi 9 août 2019

Absurde ou mystère ?

Deux questions... "Si Dieu existe, pourquoi le mal?" et "Si Dieu n'existe pas, pourquoi le bien?" Une chose est sûre, notre univers est ambivalent. En lui, coexistent le meilleur et le pire, la beauté et la laideur, la vie et la mort. Admirable sur le plan de son évolution de plus en plus complexe (de l'amibe à Jean-Sébastien Bach, avouons  qu'il y a un gouffre), il est en revanche détestable quand on constate certaines lois  brutales (cataclysmes naturels, extermination des faibles par les forts...) qui en font partie.  Face à de telles contradictions, que répondre? Deux choix: croire à l'absurde ou au mystère. Adhérer au fait que les souffrances et les injustices de ce monde n'auront d'autre issue que le néant ou croire que celles-ci seront réparées, transfigurées dans un au-delà hors de nos dimensions, de notre temps et de notre espace. Que réclame notre coeur, le fin fond de notre être? L'éternité ou le néant? Dieu ou le hasard? Certains diront: "Si vous croyez en Dieu et en une vie éternelle après votre mort, ce n'est que pour vous consoler. En fait, vous misez sur Dieu parce que vous envie qu'Il existe, parce que cela vous rassure et parce que vous avez peur que tout s'arrête après cette vie". Mais d'autres pourront répondre: "Vous ne croyez pas en Dieu parce que vous n'avez pas envie qu'Il existe, parce que l'idée que Quelqu'un qui vous serait infiniment supérieur (vis-à-vis duquel vous auriez à rendre des comptes),  vous dérange. "Moi d'abord! Moi, maître de tout". Un peu comme un enfant qui renierait son père, telle semble être votre conception de l'existence. Je peux vous comprendre mais en pensant à vous, je ne peux me départir de ces deux phrases qui resteront à jamais gravées dans mon esprit et qui sont: "L'homme est  un dieu tombé qui se souvient des cieux" (Lamartine), "Dieu est la totalité vivante de ce vers quoi notre coeur s'élance" (St Thomas d'Aquin). Je sais...je sais combien je n'ai toujours pas répondu à cette question fondamentale: "Si Dieu existe, pourquoi le mal et la souffrance?" Mais en posant cette question, je ne fais que postuler l'idée que l'univers que nous connaissons correspond réellement  à ce que Dieu a voulu.  Cela teindrait la route si comme la Bible et le Credo nous le disent, Dieu n'était pas d'abord le Créateur d'un monde invisible, le Créateur d'un monde extra-terrestre,  d'un monde invisible dont font partie les anges et les démons, ces démons qui  par leur rupture d'avec Dieu n'ont de cesse de détraquer monde terrestre. Dès lors, quoi d'étonnant à ce que cette horloge qu'est notre univers ne donne plus l'heure exacte et qu'il n'y ait jusqu'au retour du Christ aucun rétablissement de ce que l'univers était appelé à être?